Anthony mari, Percy Bysshe Shelley, qu’elle aide en publiant

Anthony Quach PSR1
2022
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Fiche de lecture d’une fiction
Roman choisi : Frankenstein ou le Prométhée moderne, Mary W. Shelley, 1821.
I) L’auteure du roman
Mary Wollstonecraft Godwin est née le 30 août 1797 à Somers Town, un quartier de Londres.
Romancière anglaise, dramaturge, nouvelliste et essayiste, ses principales œuvres sont Frankenstein
et Le Dernier Homme (paru en 1826). Frankenstein est également son premier roman, celui-ci la rend
aussi connue que son mari, Percy Bysshe Shelley, qu’elle aide en publiant ses poèmes et romans
romantiques. Le roman Frankenstein, est directement inspiré des rêves étranges de Mary dans
lesquels elle ranime sa fille et voit un étudiant qui tente de ranimer une chose. Mary Shelley meurt
d’une tumeur au cerveau le 1er février 1851.
II) Le livre
Frankenstein est un roman épistolaire, gothique et est considéré comme l’un des textes
précurseurs de la science-fiction voire la première œuvre de science-fiction. C’est de cette œuvre,
marquée par le surnaturel, le suspense et l’horreur, que naît le genre littéraire de science-fiction, ce
qui témoigne de son importance et de la place de l’auteure dans la littérature. Le roman est composé
de 24 chapitres et de plusieurs récits racontant l’histoire des personnages principaux.
Le roman commence en Angleterre au XVIIIème siècle (l’auteure choisit de ne pas préciser la
date exacte) avec les lettres de Robert Walton adressées à sa sœur Mrs. Saville, dans lesquelles il
raconte son histoire. Dans son exploration du Pôle Nord il aperçoit un géant et recueille un homme
affaibli et désespéré. Walton le considère comme son ami et celui-ci décide de lui raconter son
incroyable histoire. Il débute avec son enfance, sa rencontre avec Elizabeth qui est sa cousine.
Possédant une grande soif de connaissances et muni d’une immense ambition, il s’intéresse à la
philosophie naturelle. C’est dans l’université d’Ingolstadt, située en Allemagne, qu’il étudie les
sciences avec notamment 2 professeurs M. Waldman et M. Krempe. Il crée ensuite son monstre qui
restera sans nom. Il l’abandonne dès sa création, c’est ainsi que sa santé physique et mentale se
détériore progressivement. Le monstre se venge et assassine son plus jeune frère William. C’est
Justine Moritz, une fille adoptée par la famille Frankenstein, qui est accusée du meurtre puis
exécutée. Frankenstein retrouve sa créature, celle-ci lui demande tout d’abord d’écouter son
histoire. On passe ainsi du point de vue de Frankenstein à celui du monstre, le monstre explique
ensuite comment il découvre le monde et se rend compte de sa solitude, de sa laideur, de son statut
de monstre. En observant une famille pauvre, il va sans cesse se demander ce qu’il est. Ses
expériences avec les hommes sont catastrophiques, lors de ses approches avec la société, il subit un
rejet incessant dû à son apparence, il va ainsi développer une forte haine à l’égard des humains et en
particulier son créateur. Le monstre demande alors à Frankenstein de remplir son devoir de créateur
et de lui créer une compagne avec qui, il sera heureux et pourra donc oublier sa haine, et le menace
de tuer tous ses proches s’il refuse. Tout d’abord, il accepte mais à cause des potentiels risques
contre l’humanité il décide plus tard de rompre cet accord. Elizabeth sa femme, son père Alphonse et
son ami d’enfance Henry Clerval qui l’a soigné lorsqu’il sombrait dans la folie, meurent. Victor
cherche alors à se venger et se lance à la recherche du monstre ce qui le conduit ainsi au Pôle Nord,
mais il meurt avant de le revoir et demande à Walton de le venger. Le monstre, pris de remords
lorsqu’il apprend la mort de son créateur, décide de se suicider.
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On a une suite d’événements logique, l’évolution de l’action semble donc vraisemblable. La
famille Frankenstein est très solidaire hormis Victor qui s’isole après la mort de sa mère et cherche à
découvrir les secrets de la vie afin d’éviter la douleur qu’il a ressenti lors de la mort de sa mère, il ne
révèle à aucun de ses proches qu’il est le responsable de tous ces malheurs. Il ne se rend compte de
ses erreurs que lorsqu’il est trop tard et que ses êtres chers meurent l’un après l’autre. Ce sont ces
qualités qui jouent un rôle décisif dans le déroulement de l’action : « Dans un accès de folie
enthousiaste, j’ai créé un être rationnel, et j’étais obligé d’assurer, autant qu’il était en mon pouvoir,
son bonheur et son bien-être. C’était là mon devoir. Mais il en était un autre, encore supérieur. Mes
devoirs envers les êtres de ma propre espèce réclamaient davantage mes soins, puisqu’ils
entraînaient une proportion plus grande de bonheur ou de misère. … Malheureux lui-même, il
faudrait qu’il mourût pour ne causer le malheur d’aucun autre. »
Il tire finalement une leçon sur l’erreur dans sa quête de connaissances en répondant à Walton :
« Êtes-vous donc fou ? mon ami, me disait-il ; à quoi donc vous pousse votre curiosité irraisonnée ?
Voudriez-vous aussi créer au monde et à vous-même un ennemi démoniaque ? Paix, paix ! Apprenez
mes malheurs, et ne cherchez pas à accroître les vôtres. ». C’est cette même ambition qui va causer
tous ces événements tragiques.
Les thèmes dominants et problèmes posés par l’œuvre sont les suivants :
– La tolérance : Faut-il tolérer les monstres ? Le monstre est une créature sensible et douée
d’intelligence et pourtant, il n’est victime que de rejets à cause de sa condition repoussante alors
qu’il est au départ innocent. C’est ce qui va le conduire à la violence et à la vengeance. Serait-il aussi
violent et haineux s’il avait été l’objet de tolérance ?
– Les dangers du progrès de la science : Avec l’aboutissement de son projet, Frankenstein
crée un monstre sensible et intelligent. Est-ce que la création d’un second monstre femelle
comblerait le monstre, instaurant ainsi la paix entre le créateur et la créature ou au contraire,
engendrerait à toute une espèce de monstre capable de ruiner l’humanité ?
– La religion : Comme le montre le titre de l’œuvre Frankenstein est comparable à
Prométhée, le personnage de la mythologie grecque qui crée les humains et qui est condamné à la
souffrance éternelle parce qu’il leur a donné le « feu sacré », autrement dit, l’intelligence. On en
déduit que Frankenstein serait donc Prométhée, créant un être par soi-même, et que la créature
créée représenterait alors l’Homme.
– Le devoir : Frankenstein abandonne son monstre dès le début, ainsi, dès sa création, le
monstre qui vient de naître subit déjà le rejet et n’inspire donc que répulsion. Il a échoué dans son
devoir en tant que créateur. Peut-être que s’il aurait été guidé et éduqué de la même manière qu’un
père avec son fils, il aurait pu contribuer à la société plutôt que de l’effrayer.
L’atmosphère et l’ambiance générale c’est-à-dire le style, est gothique on a une ambiance
inquiétante qu’on retrouve avec la traque, le jeu, ici très sombre, du chat et de la souris. La présence
du côté savant fou de Victor paraît troublante mais il est parfois compensé par son côté attentionné
dans quelques moments avec sa famille, notamment celui où son père le rappelle souvent
l’importance des liens familiaux. Cependant le côté extraordinaire de ce roman qui relève du
surnaturel se limite au monstre et à sa fiction scientifique.
Pour conclure, ce roman est un des principaux ouvrages de science-fiction, sa publication
entraîne un tel succès que le roman connait de nombreuses adaptations en films. L’histoire de
Frankenstein représente une majeure partie de la culture populaire notamment dans les jeux vidéo,
c’est pour cette raison que j’ai lu et acheté ce roman. Je fus ainsi surpris de voir à quel point ce
mythe a été déformé, contrairement aux actuelles conceptions, c’est Frankenstein et son monstre
qui sont terrifiants, désespérés et obsédés par la vengeance, le monstre est en revanche plus
« humain », du moins, au niveau de sa sensibilité.